DanIsis.com

La Voie du Magicien : Leçon n° 20 (1)

La Voie du Magicien : Leçon n° 20 (1)

Le plus grand bien que vous puissiez faire au monde est de devenir un Magicien.

 


 

C'était le dernier jour qu'ils devaient passer ensemble. Arthur se tenait au bord de la route qui menait hors de la forêt. En regardant par-dessus son épaule, il chercha la clairière de Merlin mais elle avait disparu. Des bois touffus avaient poussé pendant la nuit, la recouvrant, et avec elle l'entrée de la grotte de cristal. Arthur eut un pincement au coeur, car il savait ce que signifiait cette perte non seulement pour lui mais pour tous les mortels.
- Je ne reviendrai pas, n'est-ce pas ? demanda-t-il.
Merlin, debout à côté de lui, secoua la tête.
- Tu n'en auras pas besoin, Tu en as fini avec moi.
Je n'en aurai probablement jamais fini avec toi, pensa Arthur. Les questions se pressaient en lui, après toutes ces années d'apprentissage, plus nombreuses encore qu'au premier jour.
Déchiffrant ses pensées, le magicien ajouta :
- Je voulais te donner un cadeau d'adieu et c'est le plus beau auquel j'ai pensé.
Il montra la route, également apparue pendant la nuit.

- Les routes sont le symbole du magicien. Le savais-tu ?
- Non.
- Alors rappelle-toi ce que je dis. Un magicien enseigne en s'éloignant et, quand tu sera capable de t'éloigner, tu deviendras un magicien. Bien que tu t'imagines posséder une parcelle de cette terre, en fait tout au plus marches-tu sur elle. En esprit, tu es la poussière qu'un vent impatient emporte sur son chemin. Vous autres mortels bâtissez des maisons pour vous protéger du monde. Mais la maison d'un magicien est cet instant et les instants avancent sans cesse...
- … Sur la route du temps, ajouta Arthur, finissant la phrase à sa place.

Il connaissait par coeur bien des aphorismes préférés de Merlin.
- Oui, acquiesça Merlin.
Ils gardèrent tous deux le silence. Arthur regardait Merlin du coin de l'oeil, guettant une tristesse éventuelle ou au moins une préoccupation de leur séparation. Il ne remarqua rien de tel.
- Je vois que tu ne me crois pas vraiment, déclara Merlin, mais t'éloigner de moi est vraiment le plus grand présent que je puisse te faire.

Sur ce, le jeune garçon se mit en marche à contrecœur. La route tournait à une centaine de mètres de là et Arthur avait l'impression que chaque pas vers ce virage le changeait un peu plus. Les années qu'il avait passées avec Merlin commencèrent à se fondre dans un rêve, alors que sa curiosité envers le monde grandissait.
Au moment d'atteindre le virage, il lui tardait de connaître les paysages nouveaux où le mènerait cette route. Il allait découvrir un monde d'actions et de désirs encore inconnus, et ses pieds volaient, tant il avait hâte de quitter la forêt. L'image même de Merlin s'effaça presque de son esprit, à l'exception d'une voix ténue qui lui murmurait : "je t'ai conduit dans les replis secrets de ton âme, maintenant tu dois les retrouver par toi-même, seul cette fois." Un instant après, la voix aussi avait disparu. L'enfant dépassa le virage, souleva un nuage de poussière d'un coup de pied et sourit. Il venait de comprendre que, chaque fois qu'il verrait une route, il penserait à Merlin.

La Voie du Magicien, Deepak Chopra. Leçon 20

Relayé avec Gratitude par www.danisis.com

Relayé avec Gratitude par www.danisis.com

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article