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La place des couleurs

La place des couleurs

Les couleurs occupent une place exceptionnelle dans la symbolique traditionnelle depuis le début de l’humanité. Elles eurent la même signification chez tous les peuples de la haute antiquité. Leur langage, intimement lié à la religion, passe dans l’Inde, en Chine, en Égypte, en Grèce, à Rome… reparaît dans le Moyen Âge, et les vitraux des cathédrales gothiques trouvent leur explication dans les livres zends, les Vedas, et les peintures des temples égyptiens… Elles ont joué une fonction cosmique et ont représenté des divinités dans diverses cosmogonies : chez les Amérindiens (Mayas, Aztèques, Incas…), le rouge est associé à l’Est, pays du soleil ; le bleu ou le blanc au Nord (pays du froid) ; le Noir à l’Ouest (pays de l’ombre) ; le jaune ou le blanc au Sud…

En Égypte, pour la peinture religieuse, les prêtres n’autorisaient que sept couleurs : le rouge, le bleu, le jaune, le brun, le vert, le blanc et le noir. Voici leurs signications :

ROUGE

Il provient de l’ocre rouge (oxyde de fer naturel). Il peut aussi être obtenu à partir de l’ocre jaune en le calcinant.

En Égypte, le rouge, couleur ambiguë, symbolisait l’amour divin. C’est la couleur du sang frais et du feu qui, selon les anciennes croyances a créée le monde et le détruira. Il symbolise la vie, la chaleur et la génération, mais aussi la destruction. Le rouge vif, ou clair est la force vitale, la richesse et l’amour. Mais, sous son aspect infernal, le rouge correspond à l’égoïsme, à la haine et à l’amour infernal. La couronne de Basse-Égypte, le desheret, est de couleur rouge (bien que le nord soit très riche en végétation avec notament le delta).

Dans les textes sacrés des Égyptiens, des Chrétiens, des Hébreux et des Arabes, cette couleur a toujours été associée au feu et à l’amour divin, et a symbolisé la divinité et le culte. Couleur des généraux, de la noblesse, des patriciens et des empereurs à Rome, les cardinaux ont hérité de ce symbole de la souveraineté. Au Pérou, elle était liée à la guerre et désignait les soldats.

Au niveau psychologique, le rouge représente la joie de vivre, l’optimisme, la vigueur, l’instinct combatif et ses tendances agressives, la pulsion sexuelle, le désir amoureux, la passion, le besoin de conquête…

BLEU

Anciennement à base d’azurite, le bleu est aussi obtenu en mélangeant à chaud du quartz pulvérisé à de la malachite, de la craie et du natron dès la IVe dynastie.

Souvent opposé au rouge, le bleu incarnait la soumission et symbolisait l’infini. C’était la couleur employée pour représenter les dieux, notamment Amon, dont elle évoquait l’aspect cosmique ; d’autres dieux portaient une barbe ou des ailes bleues.

Le bleu est associé à la divinité dans toutes les mythologies : à Amon-Râ, dieu du soleil levant dans l’ancienne égypte ; en Grèce à Jupiter, père des dieux et des hommes, et à Junon, incarnation de la féminité féconde et épanouie ; en Inde, à Vishnou le justicier… En Chine, il symbolise le Tao, la Voie sacrée, le principe insondable des êtres.

Le bleu jupitérien, couleur froide du vide, est celle de la vérité ; pour les Égyptiens, de la vérité éternelle, de l’immortalité ; la fidélité, la chasteté, la loyauté et la justice dans la tradition chrétienne. Identifié à l’air, au vent, il symbolise la spiritualité, la contemplation, la passivité et favorise la méditation, le repos.

JAUNE

Le jaune est obtenu avec un pigment à base d’ocre jaune (oxyde de fer hydraté).

La couleur jaune est le symbole de l’or, du soleil à son zénith et de l’immortalité. C’est la couleur de la chair des dieux.

Couleur de la lumière, emblème de l’or, associé au miel, le jaune était la couleur de la lumière céleste révélée aux hommes et de la doctrine religieuse enseignée dans les temples. Mais le jaune lunaire, couleur de l’or terni et du soufre symbolise l’inconstance, la jalousie, les passions dépravés, l’adultère, la culpabilité, la trahison (dans l’iconographie, Judas est vêtu de jaune ; dans plusieurs pays, les juifs devaient porter des vêtements jaunes parce que Judas avait trahi le Christ, ou une étoile jaune…nbsp;; en France, on barbouillait de jaune la porte des traîtres, les “briseurs de grève” étaient appelés des « jaunes »…)

Au point de vue psychologique, et dans les rêves, le jaune est la couleur de l’intuition et symbolise la capacité de renouvellement, l’entrain, la jeunesse et l’audace, mais aussi souvent l’instabilité et la vanité. Il révèle un besoin de supériorité et à l’extrême, la volonté de puissance aveugle manifestée en prétentions exagérées à une supériorité factice (souvent compensation d’un sentiment d’infériorité mal liquidé ou inconscient).

VERT

Le vert provient de la malachite (minerai de cuivre), ou d’un mélange de bleu artificiel et d’ocre jaune. Couleur de la nature, est doué d’un pouvoir de régénération, car il capte l’énergie solaire et la transforme en énergie vitale. Il est le symbole de le régénération spirituelle. Couleur des bourgeons printanier, signalant la fin de l’hiver, il symbolise l’espérance. En Égypte, la couleur verte est attribuée à Phtah, le créateur et le stabilisateur, et à l’eau, parce que dans la cosmogonie égyptienne, l’eau était l’élément primordial de la création. Elle désignait la fondation du temps, la création du monde et symbolisait la naissance matérielle et spirituelle, c’est à dire les mystères de l’initiation.

La couleur verte, associée à la végétation depuis les temps les plus anciens s’écrit avec le hiéroglyphe représentant un papyrus. Elle incarne évidemment la végétation et l’abondance mais, également la jeunesse, la bonne santé et la régénération. La chair d’Osiris est parfois représentée en vert, symbole de renaissance.
Osiris, dieu de la végétation par excellence était appelé « le Grand-Vert », en égyptien Wadj-wr, nom également donné à la mer (« la Grande Verte ») et aux marais du Delta. Dans cette acception de la couleur en tant qu’essence profonde de caractère universel, le language commun des Égyptiens assimilait les couleurs à la nature de l’action ; ainsi le vert étant une couleur bénéfique, « faire des choses vertes » signifie bien agir.

BLANC

Obtenue avec de la craie (carbonate de chaux) ou du gypse (sulfate de chaux), la couleur blanche est le symbole de la joie et du faste. Elle rappelle la couleur de l’aurore, la lumière qui triomphe de l’obscurité. Elle représente également l’argent dont les os des dieux sont faits.

C’est la couleur de la couronne de Haute-Égypte, le hedjet qui s’assemble à la couronne de Basse-Égypte pour former le pschent.

Synthèse de toutes les couleurs, le blanc est la lumière, et les anciens en avaient fait la couleur de la divinité : les Égyptiens enveloppaient les défunts dans un linceul blanc pour montrer que la mort délivre l’âme pure de son enveloppe charnelle périssable.

Symbole de toute puissance terrestre, de pureté et de sainteté, il était associé aux cérémonies rituelles et aux objets sacrés. On évoquera à cet égard la “Chapelle blanche”, l’“onguent blanc” ou le “Mur blanc”, c’est à dire Memphis. De par son caractère sacré, c’est aussi la couleur de la joie.

Chez les Hébreux, la tunique de lin blanc représentait la pureté du Sacrificateur et la justice divine. A Rome, le blanc était la couleur des vestales (prêtresses qui étaient brûlées vivez lorsqu’elles manquaient à leur vœux de chasteté…). C’était aussi le couleur des druides, des initiés…

NOIR

Obtenu à base de suie, le noir représente le limon fertilisant la terre laissé par le Nil lors de l’inondation. Cette couleur symbolise la fertilité, la renaissance du corps dans l’autre monde et sa préservation éternelle. Ces caractères étaient aussi liés à l’obscurité de l’au-delà, au royaume de la mort, qui était aussi l’endroit où le défunt subissait les épreuves et les transformations qui devaient lui donner la vie éternelle. Sont aussi associés à cette couleur, Osiris qui est également appelé « le Noir », Khentamentiou, Anubis et Min. Ahmès-Néferatri, divinisée, était représentée avec la peau noire.

Une écaille de crocodile noir représentait l’idéogramme signifiant « noir », que l’on retrouve aussi dans le nom antique de l’Égypte, “Kemet”, signifiant la « terre noire ».
Le noir, négation de la lumière, est le symbole du néant, de l’erreur, de ce qui n’est pas et s’associe à la nuit, à l’ignorance, au mal, à ce qui est faux. « Il indique l’ignorance enfantée par le mal et par toutes les passions égoïstes et haineuses ». Couleur du charbon, il évoque le processus de la combustion, prélude à la régénération et renferme une idée de résurrection. Les rites initiatiques de l’Antiquité comportaient des épreuves nocturnes : le postulant traversait une mort symbolique dans un lieu obscur, pour devenir un homme nouveau et renaître à la vie spirituelle.

 

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aurore 09/04/2008 09:15

si je devais choisir une couleur ce serait le ORANGE ! pour son rouge et jaune de la rayonnance.Si je devais chosisir un autre couleur ce serait le Blanc mais aussi le noir.. les deux extremes. Bien que le noir en réalité n'existe pas ma belle ! belle journée mon amie tres chère.